Le projet du Gardois Lucien Zoromi n’a pas vu le jour par hasard. Lorsqu’il s’est lancé dans la création de ce boîtier, destiné à faciliter la vie des personnes malvoyantes, c’était pour sa petite fille, qui avait elle-même perdue la vue. En papa, il se rend alors compte de la difficulté, pour une personne déficiente visuelle, d’utiliser l’audio-description.

« Pour y accéder, il faut prendre une télécommande, composer sur une série de touches, sélectionner la fonction souhaitée… C’est très difficile pour quelqu’un de malvoyant. Je me suis donc demandé s’il n’existait pas un appareil permettant de simplifier cet accès« 

, se souvient-il. Mais ce n’était pas le cas. Qu’à cela tienne, Lucien va créer ce système lui-même.

Trois années de travail

En 2010, bien décidé à conceptualiser ce système, Lucien quitte donc le poste de responsable informatique et commercial qu’il occupe dans une agence immobilière pour intégrer l’incubateur de l’École des mines. Pendant toute la durée de la création de son projet, il bénéficie des conseils d’ingénieurs et de chercheurs pour fabriquer ce dispositif innovant.

Fin 2013, le fameux boîtier est mis au point.

Composé de seulement quatre boutons, « plutôt des 40 sur une télécommande classique« 

, il fonctionne sur le réseau TNT et est relié par Bluetooth à un casque. En plus de proposer un accès facile à l’audio-description sur certains programmes télévisés, le Griot offre d’autres fonctionnalités telles que la météo, la radio, une bibliothèque de livres audio, etc. Ensuite, grâce au casque, regarder un film en famille ou en groupe devient désormais possible. « Le tout est extrêmement simple d’utilisation. Améliorer l’autonomie des déficients visuels et favoriser le partage font partie de nos valeurs. Notre plus-value sera d’injecter du service dans ce boîtier. Par exemple, comme il est géo-localisé, il permet à la personne d’accéder à des informations qui ciblent son territoire » explique Lucien.

Vers la commercialisation du produit

À présent, Lucien Zoromi et son équipe se lancent dans la phase de commercialisation du produit. 100 exemplaires vont être produits en Asie et seront vendus grâce via la Fédération des aveugles et amblyopes de France. « Nous allons ensuite attendre les retours des utilisateurs qui vont nous permettre d’affiner le boîtier« , précise le créateur. En parallèle, il travaille sur le design du Griot, sur son offre de services, et réfléchit également au mode d’emploi qui devra l’accompagner : une notice en braille, une clé usb avec description audio, un CD ?

L’étape suivante sera de commercialiser plus largement le boîtier puis de créer de l’emploi. « À terme, nous voudrions que le boîtier soit fabriqué dans notre région et directement par des personnes handicapées« , indique Lucien. Pour l’heure, l’inventeur du Griot doit toucher 12 000 euros de la part de l’agglomération d’Alès, mais aussi  3 000 euros dans le cadre de l’opération « 1 clic, un projet » lancée sur la plateforme de financement participatif Ulule avec la BNP Paribas.

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